La MRC d’Acton, en collaboration avec les MRC de Rouville et des Maskoutains (par l’entremise de Saint-Hyacinthe Technopole) a réalisé, au cours de la dernière année, une étude approfondie démontrant la possibilité de mettre sur pied un abattoir régional de façon rentable qui pourrait principalement desservir les petites productions de volaille.
L’étude exploratoire sur la mise en place d’un abattoir fixe pour la volaille et le lapin vise plus spécifiquement les fermes de petites tailles situées sur le territoire des trois MRC.
L’un des constats est que la construction d’un abattoir sous des normes fédérales combinée à une exploitation sous inspection provinciale serait envisageable. À travers cette proposition, les coûts de construction et d’opération seraient moindres qu’en choisissant une seule juridiction applicable aux deux volets. «C’est une avenue innovante et il ne semble pas y avoir de contraintes dans les listes de normes et critères du MAPAQ», explique le directeur du développement de la MRC d’Acton, René Pedneault. L’infrastructure pourrait desservir les producteurs et les particuliers sur un rayon de 150 km.
D’après l’étude, sur le plan immobilier, le bail commercial constituerait une solution particulièrement pertinente pour le projet d’abattoir, puisqu’il permettrait de séparer la propriété de l’infrastructure de son exploitation. Une infrastructure régionale financée par le public pourrait assurer une pérennité à l’opérateur qui signerait un bail avec le locateur. Cela pourrait amener une rentabilité économique, mais aussi des retombées sociales et environnementales.Selon le modèle et les coûts d’opérations évalués, l’exploitant dégagerait suffisamment de bénéfices pour pouvoir réinvestir.
«Un peu comme un marché public, où l’infrastructure appartient à la Ville qui en assure la construction et l’entretien, mais en délègue l’opération à un organisme à but non lucratif (OBNL), il est possible de dissocier l’usage et la propriété d’une infrastructure selon différents modèles», peut-on lire dans le rapport.
Un besoin criant
Il y a un important bassin de fermes de petites tailles pour qui les défis de l’abattage de leur cheptel sont un frein majeur à l’exploitation et à la croissance de leur entreprise. Il est difficile pour elles d’avoir des disponibilités auprès des abattoirs existants et ouverts aux petits cheptels et les services d’abattage offerts ne répondent pas toujours aux besoins de leur modèle.
Les producteurs ont d’importants défis en termes de transport lorsqu’ils doivent parcourir plus de 150 kilomètres pour faire abattre leurs animaux. La logistique pour assurer le bien-être animal est parfois complexe, en plus de devoir composer avec une rentabilité affectée, sans compter l’émission de GES.
Principaux objectifs de l’étude
Les objectifs de l’étude étaient d’évaluer le potentiel de développement d’un abattoir sur le territoire des MRC d’Acton, des Maskoutains et de Rouville et de préciser les besoins actuels et projetés des fermes de petites tailles, d’analyser leurs séquences de production, les élevages par espèce ainsi que d’autres données pertinentes.
L’étude a été réalisée par la firme Territoire et agroalimentaire services-conseils inc. Elle sera disponible pour les autres acteurs de développement économique des MRC du Québec qui en feront la demande auprès de la MRC d’Acton. Présentée selon les étapes requises à la réalisation d’un projet, elle pourrait servir de guide d’exploration pour toute initiative collective visant la création d’une telle infrastructure d’abattage. De plus, elle contient des informations applicables également à d’autres types d’infrastructures agroalimentaires.
Une aide financière a été accordée pour la réalisation de cette étude dans le cadre du programme de développement territorial et sectoriel (PDTS) du MAPAQ. L’étude visait à évaluer la faisabilité globale du projet et à orienter la prise de décision, sans se substituer aux études détaillées, aux plans et devis, ni aux analyses requises aux étapes subséquentes du projet.
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